Nos initiatives de reboisement s'étendent au-delà des limites de notre ferme agro-écologique pour englober des zones au sein des aires marines protégées (AMP).
Cette initiative locale (restauration de mangroves) vise à sauvegarder l'intégrité d'un écosystème complet, avec des retombées significatives en termes d'avantages pour les populations locales.
Dans cet article, vous découvrirez les raisons et les enjeux de ces projets préalablement initiés par les communautés locales et comment nous contribuons à leurs succès.
Dans un contexte de dégradation majeure des écosystèmes planétaires, il est primordial de renforcer des initiatives de conservation appropriées et significatives, orientées vers la restauration de l'océan, de sa résilience et de sa santé dont les populations locales dépendent.
Selon la définition de l’UICN (2012), une aire protégée est « un espace géographique clairement défini, reconnu, spécialisé et géré par des moyens légaux ou d’autres moyens efficaces, visant à assurer la conservation à long terme de la nature et des services écosystémiques et valeurs culturelles qui y sont associés ». Pendant le Millennium Ecosystem Assessment (2001-2005), les institutions multilatérales, les États et les groupes de pression internationaux ont préconisé les Aires Marines Protégées (AMP) comme un outil clé pour la préservation de la biodiversité marine, elle-même responsable de la résilience des écosystèmes marins.
Cet article nous permettra de revisiter ensemble les menaces de ces aires et leurs avantages à l’échelle planétaire et locale, et finalement d'explorer comment notre soutien contribue au succès de leur restauration en Casamance.
Ces milieux marins ont longtemps été sujets à la pression anthropique et les impacts associés au changement climatique.
Leurs écosystèmes subissent l'impact combiné de diverses pressions majeures d'ordre démographique, économique et écologique. En effet, l'exploitation excessive des ressources naturelles, les altérations souvent irréversibles des écosystèmes avec des impacts potentiels mondiaux sur la biodiversité et le climat, ainsi que l'augmentation de la pollution, ont fortement affecté les écosystèmes côtiers. Cette situation est critique, d'autant plus que ces écosystèmes abritent 70 % de la population mondiale vivant à moins de 50 km du littoral (Bonnin & co, 2015).
La dégradation des milieux marins se répercutent sur les conditions de vie locale. Le déclin de la biodiversité affecte de manière plus prononcée les populations des pays économiquement défavorisés, qui sont précisément les plus dépendantes de cette dernière. En effet, le rapport de l’UNEP en 2007 annonçait déjà que les plus pauvres dépendent davantage des écosystèmes locaux et vivent souvent dans des lieux plus vulnérables aux changements climatiques.
La principale menace qui pèse sur la plupart des Aires Marines Protégées (AMP) en Afrique de l’Ouest est la pêche non contrôlée (incursions de navires de pêche migrante, de pêche industrielle et l'utilisation de filets dans les bolongs et autres chenaux des mangroves). Les autres menaces majeures d'origine humaine comprennent la surexploitation des ressources terrestres, principalement le bois, la pollution, l'agriculture et les activités industrielles. Les mangroves des AMP sont soumises à des coupes de bois pour des usages domestiques, la récolte d'huîtres et le séchage du poisson (Revéret & Dancette, 2010).
En réaction aux changements environnementaux et à l'augmentation des contraintes naturelles et humaines, les écosystèmes subissent une dégradation significative et une chute alarmante de la biodiversité. Or, cette biodiversité représente un élément crucial pour la résilience de ces systèmes vivants (Chakour & co, 2011). Pour atténuer ces impacts, la création des Aires Marines Protégées (AMP) vise à sauvegarder les ressources naturelles, en particulier l'ichtyofaune et les mammifères marins emblématiques, tout en mettant l'accent sur la préservation des habitats prioritaires tels que les mangroves et les plages. En parallèle, elles sont conçues pour agir comme un moteur de développement social à l'échelle locale (Failler & co, 2019).
Dans le document « Application des normes mondiales de conservation aux AMPs » de l'UICN (2018), il est formellement énoncé que « Les AMPs peuvent aider à conserver et à restaurer les écosystèmes océaniques et à reconstruire la biodiversité des océans, ce qui contribuera également à soutenir la population humaine mondiale ». Voici les différents bénéfices :
La biodiversité marine offre une diversité de services écologiques, incluant le recyclage de la matière organique, l'utilisation du dioxyde de carbone atmosphérique, et la production d'oxygène par les algues marines (environ 50 % de la production primaire photosynthétique est marine). Elle participe également au piégeage du méthane dans les sédiments. Le rôle régulateur de la biodiversité marine s'explique par la capacité des systèmes équilibrés à s'adapter de manière plus efficace à des conditions changeantes, qu'elles résultent de perturbations diverses ou d'un changement climatique (Revéret & Dancette, 2010).
Selon l’IUCN Les bénéfices, les opportunités et les avantages des Aires Marines Protégées (AMPs) bien planifiées, définies et gérées se renforcent progressivement au fil du temps, comme en témoignent les preuves.
Dans un contexte complexe alliant impératifs socioéconomiques et écologiques, le Sénégal a établi des Aires Marines Protégées (AMP) en réponse aux recommandations du cinquième Congrès mondial des parcs de l'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) en septembre 2003.
Ces recommandations préconisaient la protection d'au moins 5 % de l'espace littoral et marin national (IUCN, 2003).
Il n’existe pas d’outil universel réglant de façon simple un problème complexe. Toutefois il a été formulé que le processus de gestion des Aires Marines Protégées (AMP) peut comprendre plusieurs aspects :
(Failler & co, 2019).
Jusqu’en 2025, l’accompagnement de Plantons Utile en faveur des Aires Marines Protégées en Casamance, via Eco From Africa, s’est principalement concentré sur deux axes complémentaires.
D’une part, le financement de campagnes de reforestation de mangroves, initiées et portées par les communautés locales. D’autre part, le renforcement des connaissances et des capacités locales, à travers des dispositifs de formation, de sensibilisation et d’éducation environnementale.
Ces actions ont notamment pris la forme d’ateliers de renforcement de capacités (ARC) en maraîchage agroécologique, en pratiques agricoles de référence et en ostréiculture durable, incluant l’installation de guirlandes synthétiques afin de limiter la coupe des racines de palétuviers.
En collaboration étroite avec les communautés, à l’initiative des campagnes de reboisement, Plantons Utile a ainsi soutenu la plantation de plus de 450’000 palétuviers jusqu'en 2025 en Casamance.
Les principales zones d’intervention en matière de reforestation se situent à Abéné, Diouloulou et Thiobon.
Cette approche, combinant appui aux communautés locales et soutien aux actions concrètes de restauration des mangroves, vise un double objectif.
Favoriser une appropriation réelle du changement par les acteur·rice·s locaux. Garantir la pérennité des investissements réalisés, ainsi que la durabilité de leurs impacts écologiques et socio-économiques dans le temps.
L’ensemble de ces actions serait impossible sans la collaboration étroite avec Eco From Africa, qui agit comme acteur local fédérateur, mobilisant les communautés, structurant les initiatives existantes et assurant un ancrage territorial indispensable à la réussite des projets soutenus.
Les Aires Marines Protégées (AMPs) sont une option de gestion essentielle pour préserver la santé des océans. Elles garantissent une conservation de la nature de haute qualité, ciblée sur place, et peuvent varier de zones entièrement protégées à des zones permettant des usages multiples.
Conformément à la définition de l’IUCN, la caractéristique distinctive des AMPs par rapport à d'autres mesures de gestion par zone est que, quelle que soit leur forme, leur objectif principal demeure la conservation de la biodiversité. In fine, la protection de ces zones est cruciale pour maintenir l'équilibre écologique, préserver la biodiversité, atténuer les changements climatiques et assurer la durabilité des ressources marines pour les populations qui en dépendent. La restauration de l'écosystème marin est considérée comme une action indispensable, ainsi le reboisement des mangroves est reconnu comme une mesure primordiale à cet effet.
En partenariat avec les populations locales, qui ont déjà lancé des projets de reboisement, nous avons implanté un nombre significatif de palétuviers. Nous espérons que cette initiative portera ses fruits en termes de restauration des écosystèmes marins et de protection de la biodiversité qui en dépend. Comme vous l'avez compris, ces actions auront des retombées significatives sur l'aspect socio-économique local en favorisant une gestion économique efficace, en renforçant la résilience face aux changements climatiques et en améliorant globalement les conditions de vie des populations locales. Nous encourageons fortement les personnes engagées à participer à des programmes de reboisement, apportant ainsi leur soutien aux communautés locales et contribuant, comme nous, au bien-être des océans.
Cet article a été rédigé par : Ophélie Aeimerton