L’empreinte carbone mesure les émissions de gaz à effet de serre générées par les activités d’une personne, d’une organisation ou d’un territoire.Pour faciliter la comparaison, ces émissions sont exprimées en dioxyde de carbone équivalent (CO₂e), qui regroupe l’ensemble des gaz à effet de serre.
L’augmentation de ces gaz dans l’atmosphère, principalement liée aux activités humaines, entraîne une hausse des températures à l’échelle mondiale. Ce phénomène est la cause principale du changement climatique actuel.
Il serait malvenu d’affirmer avec précision à quoi correspond une tonne de CO2. Non seulement en raison de la complexité que représente un tel calcul, mais également en raison de la nature complexe de notre environnement. Celui-ci dépend d’une quantité conséquente de variables, mais aussi un nombre important de facteurs inconnus (ou difficilement quantifiables). Cependant, afin d’être en mesure de concevoir les dimensions de la problématique du réchauffement climatique à notre échelle, c'est-à-dire à une échelle humaine, il est essentiel d’aborder celui-ci à travers des ordres de grandeur. Les chiffres ci-dessous1 sont issus de moyennes qui permettent d’estimer les proportions de ce que représente 1 tonne de CO2 :
→ env. 5000 kilomètres en voiture à essence (par passager)
→ env. 7000 kilomètres en avion (par passager)
→ env. 500 000 kilomètres en TGV (par passager)
→ env. 55 jours de chauffage à gaz (pour 380 Lde mazout ou 500m³ de gaz (pour un appartement de aprox. 50m2))
→ env. 4300 Kwh (1 Kwh corresponds à une heure d'utilisation d'un aspirateur)
→ Produire 1000kg de volaille
→ Produire 4700kg de pommes de terre
→ Produire 250 kg de viande bovine
→ Produire 30 smartphones
→ 50 arbres matures (plus de 30 ans) doivent pousser pendant 3 ans pour capturer une tonne de C02.
Ensemble, les actions individuelles forment le levier collectif nécessaire pour créer une réelle différence.
Certes, chaque action individuelle ne changera pas radicalement la face du monde, mais les habitudes de consommation, les valeurs portées par tous et chacun à l’égard du monde dans lequel on évolue façonne les actions des entreprises, des organisations et des institutions qui régissent notre contexte économique, social, politique et environnemental. Il ne s’agit pas de sur-responsabiliser les individus, mais de noter qu’agir individuellement de manière collective représente l’un des leviers efficaces que chacun peut utiliser pour agir activement pour produire un changement global.
Calculer son empreinte carbone est l’un des points de départ qui peut être choisi pour établir/définir un certain nombre d’actions personnelles pouvant être entreprises. Mais aussi afin de se sensibiliser aux défis qui dépassent la sphère individuelle. Il revient aux entreprises, organisations et institutions (étatiques ou non) de répondre à ces défis.
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Pas de panique. Comme pour les ordres de grandeur de ce que représente une tonne de CO2, les sites qui produisent des calculateurs d’impact écologique, ou d'empreintes carbones, se basent sur des moyennes et des chiffres approximatifs. Ces calculateurs existent d’une part afin d’apporter des ordres de grandeur, et d’autre part afin de souligner les points sur lesquels il vous serait possible/nécessaire d’agir. Ils incarnent aussi différentes volontés militantes qui peuvent favoriser différentes tendances au sein des moyennes permettant d’établir les chiffres fournis par ces évaluations d’empreintes carbone ou écologique. Notons donc que :
Selon l’étude de Mckinsey3, la Suisse serait responsable de la production de 2 à 3 % des émissions de CO2 mondiales. Un chiffre conséquent si l’on considère la taille de notre pays. Si cette tendance était appliquée à un niveau mondial, la température globale augmenterait de 3 à 4 °C d’ici 21004.
Afin de pallier à cet état de fait, le 28 août 2019, le Conseil fédéral a pris la décision que d'ici 2050, il s'agira de garantir que l'empreinte carbone de la Suisse soit neutre. Cela signifie qu'elle ne devra pas rejeter dans l'atmosphère plus de gaz à effet de serre que les écosystèmes naturels et les réservoirs artificiels de notre planète sont capables d'encaisser5.
Cette neutralité carbone est considérée comme essentielle afin de maintenir le réchauffement de la planète en dessous du seuil des 1,5°C par rapport aux niveaux pré-industriels. Ce seuil est issu d'un consensus scientifique international afin de limiter les dommages sur l'environnement et la biodiversité. Afin d'atteindre la neutralité de son empreinte carbone, la Suisse doit viser à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d'environ 60%6.
D'un point de vue individuel, il nous faut admettre qu'aujourd'hui la consommation de chaque citoyen Suisse est trois fois supérieure au niveau jugé supportable à long terme d'après les standards établis par la politique environnementale suisse. Cela met en avant le potentiel individuel de changement en termes d'émissions de gaz à effet de serre7.
Afin de ramener les empreintes environnementales de la Suisse à un niveau compatible avec les limites planétaires, il est essentiel d'agir en même temps, à tous les niveaux importants de la consommation tels que l'alimentation, le logement, la mobilité, etc., et aux niveaux attenants tels que les chaînes d'approvisionnement, les technologies, les modes de production, etc8.
Les nuances et les niveaux d'actions sont aussi divers que variés, mais ils existent. Sans nécessairement être simples, ceux-ci sont souvent viables et leur faisabilité dépend entièrement de la confiance et de l'engagement de ceux qui les portent.
D'un point de vue individuel, nos habitudes de consommation sont celles qui gouvernent et ont un impact direct sur les multiples facteurs polluants de l'activité humaine (économie, transport, alimentation, logements, etc.). Bien que le changement d'habitude soit un processus coûteux et difficile, impliquant non seulement des défis individuels, mais aussi culturels, sociétaux et posant des problèmes d'un point de vue de la reconnaissance sociale. Il est toutefois capital d'entreprendre ces changements et ce avec bienveillance.